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Laissez les jeunes Kaédiens se défouler !   
09/07/2007

Dire que la Mauritanie change relève de nos jours d’un euphémisme primaire. Des changements significatifs ont été perçus dès le lendemain du 03/08/2005.Depuis ce jour mémorable, les fils de ce pays se sont sentis mieux. Un vent de liberté avait soufflé sur le pays. Les signes d’une Mauritanie nouvelle se voyaient à travers une meilleure appréhension du sentiment d’unité nationale. L’avènement de SIDIOCA est venu couronner ce processus démocratique. Il serait de mauvais aloi de nier le caractère démocratique de notre nation.



Que l’on se réfère à ce qui se dit maintenant à la radio, et surtout à la télévision ou dans la presse ou ne serait-ce que le discours officiel tenu par les ministres de la République et les hauts cadres de l’administration, le constat est là : on s’éloigne de plus en plus de la langue de bois dont certains usaient avec dextérité il y’a seulement quelques années. Le dernier discours du Président de la République appellant à l’unité nationale a conforté plus d’un mauritanien de la réelle volonté mais aussi de la nécessité de bâtir une Mauritanie nouvelle. Notre pays change ! C’est incontestable, seulement si en haut-lieu on s’escrime à imposer le changement, il faut reconnaître que Nouakchott est relativement loin du sud du pays. Dans cette partie du pays, certains représentants de l’autorité étatique continuent à ignorer les changements intervenus dans la philosophie politique de la Mauritanie et continuent à se conduire comme des seigneurs tout-puissants. C’est précisément ce qui se passe à Kaedi où les jeunes peinent à se divertir et à s’exprimer. Il faut noter que la ville a pendant très longtemps été un foyer de la culture. Les années 70 voyaient se produire dans la cité moult activités telles que les régates des pirogues sur le fleuve Sénégal. C’est un événement qui se tenait lors des cérémonies d’investiture des chefferies traditionnelles dans les milieux pêcheurs. On pouvait également admirer les courses de pirogues lors des fêtes commémoratives de l’indépendance nationale. A Kaedi, se tenaient également des compétions de lutte ainsi que des soirées de chants et de danses au sein de l’arène « N’Diyam Diéri » située entre le quartier de Touldé et de Gattaga. C’étaient des moments de grande ferveur culturelle. De la fin des années 70 jusqu’à la fin des années 80, les activités culturelles se lisaient dans des soirées dansantes organisées par la jeunesse kaedienne. C’était l’époque des «clubs». Des jeunes de même classes d’âge se mettaient ensemble et sous un nom de club, organisaient des bals très courus. Parmi les clubs les plus connus, on notait « Les Bembeya jazz, Les Ambassadeurs, Les Frères Unis de Kaedi, Les Sœurs Unies de Kaedi, Les Havanas, Le Jamaica Group de Kaedi et bien d’autres. En ces temps, pour organiser une soirée dansante, on n’était pas tenu de faire le parcours du combattant pour pouvoir s’éclater entre amis. Il suffisait de se rendre au commissariat de police et d’en faire part, on obtient alors une autorisation dûment signée par le commissaire de police contre le dépôt d’une modique somme d’argent qui est parfois retournée aux jeunes. Le principal est que l’on sortait du commissariat avec la garantie de passer une soirée tranquille mais surtout l’assurance de disposer d’éléments de la police chargés d’assurer la sécurité dans les abords immédiats de l’endroit où se tiennent les festivités. De nos jours, les activités culturelles ont changé de nature. Les nouveaux jeunes ne font plus de bals populaires, ils se contentent de se rendre à la maison des jeunes où se tiennent régulièrement des bals payants ou soirées culturelles animés par des groupes de rap et de rares musiciens étrangers qui viennent se produire en quelques occasions. Depuis quelques années, les jeunes kaediens ont trouvé une nouvelle forme d’expression culturelle, c’est ce qu’ils nomment : Oscar des vacances. Sur près de deux mois, les jeunes de tous les quartiers de Kaedi se mesurent dans des compétitions de danses,de sketches, de chants et d’élections de Miss des différents quartiers. Pendant tout le temps que dure les compétitions, tout ce que la ville compte de jeunes prend le chemin de la maison des jeunes dès la nuit tombée. On y assiste à des joutes très disputées entre représentants des différentes localités de la ville de Dimbé. Seulement, il faut noter que les jeunes sont continuellement frustrés des agissements des autorités locales. En effet, les organisateurs de la manifestation sont tenus de verser au commissariat de police la somme de 5000 Um pour chaque soirée organisée. De plus, ils sont sommés d’arrêter la soirée à 1 heure du matin. Ils ne bénéficient d’aucune présence policière pour le maintien de l’ordre. Le comble est qu’il arrive fréquemment que des policiers viennent arrêter la soirée au beau milieu de la fête parceque untel ou une autre autorité en exprime l’envie et l’argent déposé est perdu. La tête basse, chacun rentre chez soi. De tels agissements doivent disparaître. Il n y a aucune raison d’empêcher les jeunes de se défouler après neufs mois passés sur les bancs de l’école. De plus, la ville même tire un avantage certain de ces activités car étant très tôt plongée dans l’obscurité, les habitants ont tout intérêt à savoir la cité animée, cela décourage à coup sûr les malfaiteurs. En tout état de cause, il est temps que tous les mauritaniens accordent leurs guitares. Il est inadmissible que sous l’ère d’un Etat démocratique l’on vive encore sous un régime d’exception !
BIRI N’DIAYE


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