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Nous ne sommes pas divisés !   
24/05/2007

La presse indépendante pourrait commencer très sincèrement à regretter le départ de Ould Taya. Malgré l’article 11, Ould Taya n’a jamais appelé à affamer la presse et il se montrait d’ailleurs très généreux avec sa presse. Les journaux les plus virulents contre son régime, étaient les mieux lus, et n’étaient pas privés d’abonnements au niveau des établissements publics : l’unique formule disponible pour financer la presse indépendante Les organes de contrôle tels l’IGE ne venaient pas du temps de Maaouya, fouiner dans les dépenses des établissements publics pour donner des directives infamantes, d’affamer la presse.



De quoi vivent les journaux ? Pas de la vente des biscuits, parbleu ! Nous vivons des abonnements, des annonces des prestations ayant trait à la communication. Ces sources se sont pratiquement taries avec la transition tout en continuent hélas à être déversés dans les comptes des «peshmergas» de la presse étrangère (Jeune Afrique plus précisément). Patriotisme où es-tu ? Les «peshmergas» nationaux ne devaient-ils pas bénéficier eux aussi des subsides de leur pays ? Elle était venue cette transition, avec l’espoir fou pour tout un pays, y compris sa presse. Nous avions applaudi une nouvelle loi, pourtant plus liberticide que la précédente. Nous nous sommes dit : «Elle comporte un outil important, un mécanisme d’appui à la presse, ainsi que la libéralisation de l’espace audiovisuel» .Et ce fut le désenchantement. Pourquoi ? Parce que le 2 août 2006 , trente journaux réguliers, ayant des sièges de rédaction, des adresses physiques, un compte bancaire , un personnel, une expérience, une histoire, une géographie, une ligne éditoriale et des charges fixes, ont refusé d’assister à une conférence de presse organisée par Ely Ould Mohamed Vall , à laquelle avait été conviée des titres, dont certains, sont sans périodicité, sans contenu et sans adresse. Les 30 journaux avaient voulu envoyer un message: «Ne nous mettez plus dans le même panier !».Un message incompris et traité avec mépris. Depuis lors, des directives ont été semble-t-il données aux établissements publics de ne plus payer d’abonnements aux journaux. Un vrai scandale ! Comment les journaux peuvent-ils couvrir leurs charges en l’absence de revenus ? Ce fut la diète. Par la suite, il y eut les élections et un nouveau président élu démocratiquement a été investi. Depuis lors on attend. Tout porte à croire qu’on attendra. L’Etat a déniché un nouveau justificatif. Il entend justifier son inaction par nos chicanes. Le 2 mai, la presse dans son ensemble s’était retrouvée. Elle a discuté et convenu d’une plateforme qu’elle a adressé aux autorités. Cette plateforme avancée par des confrères respectables et respectés nous engagent, même s’ils nous arrivent d’exprimer avec eux, des divergences. D’autres journaux dont «Tahalil Hebdo» ont publié le 17 mai une déclaration dans laquelle ils ont appelé à la concertation, à la transparence et à l’équité. Cela ne veut pas dire que nous sommes divisés ou que nous nous opposons à cette plateforme. Non! Nous ne sommes pas divisés et nous n’accepterons plus que l’Etat utilise l’argument : «la presse est divisée» pour justifier son immobilisme et son refus de respecter les engagements donnés la presse. Les problèmes de toute la profession sont identiques, que nous soyons, comme on dit, à gauche ou à droite. La presse attend un soutien pour l’impression, pour les charges fixes, pour l’équipement et pour la formation. La nouvelle loi est venue nous imposer des situations pour laquelle elle ne nous aide pas. Y en a marre. Y en a marre, d’être journaliste.

MAOB


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