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Histoire : Le Temps des Hassanes   
18/05/2007

Les Beni Hassanes sont une composante des Arabes Maaqil qui descendent de Kaab ben Al Harith. Ils appartiennent, donc, aux tribus Yéménites de Madhhadj et ne sont, absolument, pas de la lignée des Quraychites dont les diverses généalogies ne citent, en aucun cas, Maaqil. 



Ces derniers sont arrivés au V éme siècle de l’hégire ( XI eme siècle de l’ère chrétienne) en Afrique du nord dans le sillage de l’émigration hilalienne et ont, par la suite, occupé les contrées désertiques de l’extrême Maghreb.
Ils ont été, à une certaine époque, soumis aux Almohades et aux mérinides avant d’entrer en conflit avec ces derniers contre lesquels, ils ont soutenu certains princes de la périphérie tel que Ali Ben Yadr Azzakandry Al Djazouli .
Durement réprimés par les Mérinides, les Maaqil ont survécu, en gardant une remarquable unité , au moins jusqu’à la période dans laquelle vivait Ibnou Khaldoun ( m. 808 de l’hégire 1404 ap.JC).
En effet le célèbre historien rapporté qu’au cours de cette période « les Maaqil étaient la tribu arabe la plus nombreuse et qu’ils peuplaient l’extrême Maghreb, notamment l’espace qui allait de Telmesan (en Algérie) jusqu’au littoral atlantique ( Maroc) … ».
Ils se sont emparés de nombreuses petites cités ( Ksour) dans le Sousse, le Touat ainsi que dans d’autres régions voisines et ont soumis les Ksouriens Zénètes au paiement des redevances (Magharim). Mais il semble d’après ce que rapporte Ibnou Khaldoun qu’à la même époque, les Maaqil s’acquittaient , eux même, d’une redevance appelée ‘‘le chameau du voyage’’ à l’Etat mérinide, lequel les a , progressivement, utilisé comme des percepteurs d’impôts dans toutes les zones précédemment évoquées.
Tout au long des règnes Almohade et, en partie, mérinide, les Maaqil se sont contentés des larges faveurs qu’ils ont obtenu en contre partie de la non agression des caravanes commerciales qui reliaient Sidjilmassa au Soudan. Durant cette période ils avaient déjà progressé vers l’actuel désert mauritanien dans la mesure où ils résidaient dans l’espace qui va de Wad Draa jusqu’au littoral atlantique et se déplaçaient du Sousse jusqu’au limites des domaines territoriaux des hommes voilés. Il parait, d’ailleurs, que cette expansion vers le sud s’est faite bien avant l’époque de Ibnou Khaldoun.
A ce sujet, Ibnou Adhary, l’illustre historien de Marrakech, rapporte qu’ « en 652 de l’hégire (1253 ap.JC) un prince du Sud dénommé Ali ben Yader allié a diverses tribus arabes dont des Beni Hassan, entra dans une série de conflits, dans le territoire du Sousse, avec ses concurrents locaux ». C’était, précise le chroniqueur : « Avant que les anciens alliés n’entrent, eux même, dans un conflit vers 705 de l’hégire ( 1305 ap.JC) ».
Toujours est il que sous le règne des Mérinides, les Maaqil ont été sévèrement réprimés par le souverain Yacoub Ben Abdel Hagh ( 656- 685 de l’hégire 1258 -1286 de l’ère chrétienne ). De même, le fils de celui-ci, Youssef ben Yacoub a poursuivi l’endiguement que son père avait entrepris contre les turbulents Maaqil et a réussi à les encercler durant la période qui va de 685 à 700 de l’hégire (1286-1306 ap.JC) avant de les contraindre à prendre la direction du Sud.
Il convient de souligner que les principales branches des Arabes Maaqil sont : Les Dhewi Mansour, les Dhewi Abdul Allah et les Dhewi Hassan. Ce sont, précisément, ces derniers qui ont envahi l’actuel territoire mauritanien. Quelques groupes issus des autres branches cousines des Hassan sont également arrivés à la faveur de cette invasion. Il s’agit à titre d’exemple de certaines fractions des Dhewi Abdul Allah ben Maaqil auxquels appartient la tribu des Ideyghib qui avec leurs descendants Barikalla vont paradoxalement, par la suite , prendre la forme (et le fond) d’une confédération maraboutique couramment appelée les «Yacoubiyines».
S’agissant des premières guerres qui ont été livrées aux Sanhadja, l’historien Moctar Ben Hamidoun estime qu’elles se sont déroulées dans le territoire de l’Iguidi qui situe au Nord de l’Adrar ( à ne pas confondre avec le très célèbre Iguidi du Sud ouest ).
Ces guerres faisaient partie du conflit de longue durée qui a été engagé contre les tribus Sanhadja appartenant à la puissante confédération des Abdoukel dont la domination s’exerçait, comme on l’a déjà évoqué, dans les territoires précités.
L’arrivée des Hassan, vers la fin du VIII eme siècle de l’hégire ( XIV eme siècle de l’ère chrétienne) dans ces contrées eut, tout d’abord, des conséquences immédiates sur le fonctionnement du commerce caravanier qui constituait l’une des principales ressources de l’Etat des Bdoukel Sanhadja. A ce sujet Ibnou Khaldoun constate, quelque temps avant sa mort, que la route de l’Ouest qui passait par les environs du Sousse et allait en direction de Welaten ( Oualata) a été abandonnée en raison des attaques faites par les bédouins arabes du Sousse ( I Arabou badiyatou As Soussi) contre les voyageurs et les caravanes. Cette situation d’insécurité, écrivit-il, avait donné naissance à un circuit commercial qui conduisait au territoires du Soudan en empruntant la route qui se situe dans la région du Touat.
Il semble que ce facteur économique dû à l’arrivée des Hassan avait conduit à un effondrement de la fiscalité de l’Etat Abdoukel lequel, en outre, était devenu incapable de protéger les cités qui se trouvaient sous sa tutelle et qui a fini par perdre le contrôle des mines de sel au profit des émergeants royaumes soudanais du Sud et de l’Est. Ces mouvements de flux et de reflux des entités politique mouvantes ont été, convient-il de le rappeler, un phénomène tout à fait habituel dans ce pays et qui n’a pris fin qu’à l’avènement de la colonisation.
En plus du facteur économique qui a provoqué l’affaiblissement de l’Etat Abdoukel, c’était, surtout, des confits internes aigus qui avaient conduit à l’intervention étrangère des tribus arabes Hassan dont l’avant-garde était, alors, constituée des puissantes fractions des Oulad Nasser. C’était le début d’un processus qui devrait conduire au tragique effondrement de l’Emirat Aboukel.
Hamahou Allah Ould Salem
Professeur d’histoire à l’Université de Nouakchott
Lauréat du Prix Chinguitti 2006

(A suivre)


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