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Interview avec Dih Ould Heimedaha, ex-directeur Gérant de Mutpêche :«J’estime avoir fait preuve d’intégrité et de nationalisme en dénonçant ces faits…»   
08/05/2007

Le 24 novembre 2006, une subvention de 250 Millions d’UM accordée par l’Etat à Mutpêche a été virée du compte 300 11 63/ BCM, vers le compte de la Mutpêche à la BACIM Bank. Ce genre de fonds conformément à une circulaire de la Primature devait être immobilisé au Trésor ou à la BCM. Et les fonds de Mutpêche sont également soumis à d’autres obligations : les comptes de cette mutuelle ne doivent être mouvementés que par signature conjointe et après la signature d’une convention avec le ministère des pêches, signée finalement …le 28 décembre 2006.



Mais entre le 24 novembre 2006 et le 20 décembre 2006 plus de 30 000 000 d’ouguiya ont été retirés du compte de la Mutpêche à la BACIM et ce, sans qu’il n y ait signature conjointe, en l’absence de signature de la convention et en violation du cahier de charges signé le 15 décembre 2006 par le ministère des Pêches et la Mutpêche. Quand Dih Ould Haimedaha l’ex-directeur gérant de Mutpêche demande des explications, le président du conseil d’administration de Mutpeche réunit le 15 janvier 2007 son conseil et le démet de ses fonctions. Nous l’avons rencontré, il s’explique ici. Entretiens…

Tahalil Hebdo : Où en êtes vous avec le différend qui vous oppose au président du Conseil d’Administration de Mutpêche (Mutuelle de pêche Sud)?

Dih Ould Heimedaha : Je vous remercie de me donner l’occasion de m’exprimer sur un dossier préoccupant qui a fait l’objet de beaucoup d’écrits de ma part. C’est simple, j’ai été à un moment donné convoqué par le Ministère des Pêches pour diriger cette mutuelle. La décision a été entérinée par le conseil d’administration ce qui rentre dans le cadre du statut de cette mutuelle. Je me suis engagé en âme et conscience pour la mission dont j’ai été chargé. L’agrément a vu le jour en octobre 2006, cela a coïncidé avec la subvention des 250.000.000 d’ouguiya qui a été alloué par l’Etat à la mutuelle. C’est au mois de novembre 2006 que cette subvention a été virée du Trésor à la Banque Centrale de Mauritanie. Nous avons reçu les instructions signées du directeur de la Pêche artisanale et côtière, nous demandant de surseoir à l’utilisation des fonds en attendant la mise en place de la convention. Cette convention n’a vu le jour que le 28 décembre 2006. Le 2 janvier 2007 qui suit en présence du secrétaire général du ministère des Pêches (MPEM) les organes décisionnels de Mutpêche, le Directeur de la pêche artisanale et l’Inspecteur général du MPEM, le ministre a donné le coup d’envoi pour commencer le travail en précisant que le pouvoir de signature des chèques est du ressort du directeur gérant que je suis et du financier. Les mêmes pouvoirs ont été donnés à la société homologue à Nouadhibou (Mutuelle de pêche Nord). Le 12 janvier 2007, 10 jours après, j’ai fini par me persuader que le président du conseil d’administration cherchait à tout prix à m’isoler et je me suis penché pour cerner l’état des lieux et particulièrement l’aspect financier. C’est dans ce cadre que je me suis présenté à la BCM qui m’a fait savoir que le montant de la subvention a été aussitôt viré à la Bacim-Bank ; banque où je me suis présenté et où j’ai eu les informations et c’est en ce moment, que j’ai compris qu’il y a eu des actes illégaux qui ont été entrepris par Mohamed Ould Saleck (dit Baye Pekha), actes que je ne peux pas partager et c’est pour cela que j’ai adressé une lettre à ce dernier pour décliner ma responsabilité. Je lui ai cité les faits que je condamne, qui ne répondent en rien en matière de gestion. J’ai rendu les membres du conseil d’administration ampliataires ainsi que les tutelles financières et administratives (MPEM et BCM) et je m’attendrais à ce que l’ordonnance 2007/005 relative à la loi 98-008 qui prévoit des sanctions en matière de gestion soit appliquée. A ma grande surprise, le conseil d’administration se réunit et hormis un membre, ils ont signé ma dénomination sans pour autant me convoquer pour avoir les éclaircissements alors que ma lettre est explicite. Ils se sont solidarisés avec leur président, moi, je comptais sur mes tutelles. J’estime avoir fait preuve d’intégrité et de nationalisme en dénonçant ces faits, et que ma tutelle allait demander des justifications aux signataires de ce procès verbal me dénommant. Par ailleurs Monsieur l’Inspecteur Général d’Etat a bien voulu mener son travail en menant les investigations qui s’imposent et en définitive, il a adressé au MPEM une lettre sous le n°538 du 12/02/07 dans laquelle il lui fait part des irrégularités constatées au niveau de Mutpêche dont l’absence de retenues fiscales et l’achat de véhicules d’occasion sans appel à la concurrence. Malgré tout cela je continue à vivre mon sort, ce qui m’a poussé à entreprendre une procédure judiciaire.

T.H. : Quelles sont les irrégularités que vous avez constatées au niveau de Mutpêche ?

DOH : Ces irrégularités se traduisent tant au niveau de la signature irrégulière des chèques qu’en ce qui concerne les achats de matériel cher, injustifié en quantité, ainsi que l’achat de véhicules vétustes, le tout à mon insu.

T.H. : Qu’est-ce qui explique qu’on vous mette à la porte parce que vous aviez dénoncé des pratiques de gestion ?

DOH : Ce n’est pas à moi qu’il faut adresser cette question. Il faut l’adresser aux auteurs de mon licenciement. Le procès verbal fait état que les propos que j’avais avancé étaient sans fondement et là, de deux choses l’une : s’il s’avère que ce que j’avais dénoncé est vrai, on devait me féliciter ; si c’est le contraire, ils peuvent me poursuivre pénalement.

T.H. : Qu’est-ce qui explique que la subvention de 250 Millions puisse des comptes de la BCM atterrir vers une banque primaire ?

DOH: Je ne peux répondre à cette question. Je sais qu’il y a une circulaire signée du Premier ministre qui dit qu’en ce qui concerne les institutions telles Mutpêche, leurs fonds doivent être immobilisés soit au Trésor soit à la BCM et donc, je croyais que les fonds étaient à la BCM et je ne pouvais imaginer en aucun moment que les fonds pouvaient être gérés à mon insu en tant que directeur gérant et ensuite en violation de la circulaire du Premier ministre

T.H. : Sur quoi comptez-vous pour obtenir justice ?

D.O.H: Je ne suis pas resté inerte devant l’injustice que j’ai subie. J’ai pris toutes les dispositions. Je fonde beaucoup d’espoir.
Propos recueillis par IOM


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