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Taxi blues : Y en a marre des clandos   
07/05/2007

Parmi le panel situations qui sapent aujourd’hui, le moral du mauritanien, le coût très élevé de la vie arrive en tête du peloton. Mes compatriotes croient trouver la parade en s’investissant dans des activités parallèles parfois, complètement saugrenues.



Si ces pratiques ont le mérite de boucler les fins de mois difficiles, il est clair que cela dénature la fonction première de certains fonctionnaires. Aussi le métier de chauffeur de taxi s’est invité dans notre train. Mais quelle pagaille! En effet, vu que toutes les mesures prises pour une uniformisation de la couleur des taxis sont demeurées vaines, le job de taximan à temps partiel est devenu la panacée. Jusqu’aux débuts des années 90, encore, faire le métier relevait de l’audace, les ripoux ne faisaient pas de cadeaux aux contrevenants. Pour un phare défaillant ou une pièce manquante, la sanction était sèche: immobilisation du véhicule. On ne parle pas de défaut de permis de conduire. L’imprudent qui se faisait alpaguer sans le parchemin se voyait infliger une amende dont il se souviendrait pour longtemps. Seulement, cette attitude guerrière a fait son temps. Aujourd’hui, pour faire le taxi, pas besoin d’avoir un permis et encore moins d’une voiture disposant d’une visite technique en règle. Il suffit d’emprunter la bagnole d’un ami ou carrément en louer une, de prendre soin de glisser dans la poche quelques billets de 200 ouguiyas. Vous pouvez circuler sans crainte dans toutes les artères de Nouakchott. Pourvu seulement que vous sachiez dégainer rapidement le billet de banque et de le glisser adroitement dans les mains du premier flic qui se met en travers de votre chemin. C’est pour cela qu’à ce jour tous les nouakchottois sont des taximen en puissance. La filière est tellement porteuse que certains qui n’y pensaient pas du tout se voient enhardir par les recettes intéressantes qu’ils font. A ce propos, l’attitude des populations y est pour beaucoup. Elles ne ciblent plus les voitures et tirent sur tout ce qui bouge. Résultat : le cadre qui quelques minutes plus tôt était derrière son bureau se retrouve à prendre des passagers à bord en se disant « après tout pourquoi pas ? ». Le revers de la médaille réside dans le fait que cette situation a engendré des désagréments de taille : une concurrence impitoyable s’est installée entre les conducteurs. Chacun s’employant de mille et une manière pour attirer la clientèle. Cela se vérifie par les coups d’avertisseurs assourdissants qu’ils vous lancent dès que vous mettez le nez dehors. Vous ne pouvez plus prendre un taxi et rester seul à bord. La nouvelle donne est d’accepter de partager le taxi avec d’autres passagers. Le taxi est devenu collectif un point c’est tout ! Et dans tout ça c’est le conducteur qui rafle la mise. Cette situation pose le problème de l’insécurité. En prenant un taxi et en s’installant devant nuitamment vous ne pouvez nullement mesurer les risques que vous encourez car, ne pouvant pas savoir ce qui se passe derrière vous. Le conducteur peut prendre à bord n’importe quel malfrat. Et ce dernier se ferait un plaisir de vous détrousser au meilleur des cas. Cela peut se terminer plus mal. Plusieurs cas similaires ont été signalés et parfois avec la complicité des chauffeurs. Nous voulons des taxis. Y’en a marre des clandos ! 
Biri Ndiaye
youbiss@yahoo.fr


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