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Coup de Gueule: Manies manichéennes   
28/03/2007

Après Bush et son désormais fameux «qui n’est pas avec nous est contre nous», après Sarkozy et sa tirade sur «la France on l’aime ou on la quitte!», voici une nouvelle perle du monde du simplisme de certains politiciens et militants, cette fois-ci en Mauritanie, grosso modo sous cet aphorisme: «le changement avec Daddah et l’ancien régime avec Sidioca». Évidemment les choses sont plus complexes, comme toujours



Cette vision manichéenne de la transition politique vers une réelle démocratie qui s’opère chez nous est colportée notamment par des militants du RFD. Ce n’est pas à l’honneur de personnes qui disent se rassembler pour la démocratie, et devrait en ce sens axer leurs assauts sur le plan politique, des idées, du projet que leur candidat prépare pour la Mauritanie. Le non-débat de jeudi d’ailleurs, entre les deux candidats du deuxième tour a montré que dans l’ensemble la vision sur tous les sujets est globalement identique. Alors, le «changement» interviendrait par rapport à quoi et à qui? Les anciens barons sont certes là, mais progressivement en train d’être relégués au deuxième plan (et ce dans chacun des camps des candidats!). Les rumeurs sur la «vente de l’esclave Messaoud» ne tient donc que si on se borne à la juger à l’aune de cette vision simpliste. Le changement, le vrai, a déjà été entamé le 3 août 2005, et les années à venir confirmeront ou non la réalité de ce changement. L’opposition symbolisée durant des années par Daddah, Messaoud et les autres, n’a plus de sens. Opposition par rapport à qui? Messaoud l’a compris, et a compris que l’ancienne trame de notre paysage politique n’avait plus lieu d’être. Les tentatives de salir son nom, son engagement, son honneur ont pitoyablement échoué sur les récifs de la vérité. Et cet épisode de la campagne présidentielle a mis à jour les méthodes des militants du RFD qui distillent mensonges et calomnies à l’encontre de tous ceux qui ne vont pas dans leur sens.
La démocratie est là, en tout une encourageante esquisse; et il va bien falloir pour les acteurs politiques assumer leurs propres échecs, sans s’en prendre à un présupposé système établi, qui va s’effilochant. Le temps des discours et des débats et venu, celui de convaincre, non de menacer, d’intimider, de calomnier. Seul le peuple jugera dorénavant, et sur des bases beaucoup plus concrètes et lisibles que celles que porteraient la stature d’un ancien opposant à un régime déchu, qui n’a plus lieu d’être. L’opposition prendra un autre sens désormais: classique, ce sera celle qu’on connaît dans tous les systèmes démocratiques, à savoir l’ensemble des acteurs politiques qui ne sont pas au pouvoir. Uniquement cela.

Mamoudou Lamine Kane


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