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And now, les choses sérieuses   
14/03/2007

La transition n’aura été qu’une séquence volontariste et engagée certes, sur certaines esquisses de réformes (justice, secteur bancaire... pour faciliter l’arrivée des investisseurs étrangers), mais trop timide sur Les questions essentielles telles que le règlement du passif humanitaire ou le phénomène des détournements de fonds, qui «a atteint en 2006 des sommets inégalés, même sous l’ère Taya», selon un responsable des douanes.



Deux des indicateurs fondamentaux à améliorer impérativement pour le Président bientôt en exercice. Ces deux questions ne pourront être éludées comme durant la «pré-transition» (les choses sérieuses commençant maintenant). Et leur règlement sera suivi de près autant par une société civile réorganisée, que par une presse indépendante en quête de crédibilité.
Il sera essentiellement question de courage donc. Courage de marquer une traçabilité des fonds publics, alimentés en partie par les contribuables, et surtout courage de mettre fin à l’impunité qui touche tout responsable de détournement de fonds publics (à défaut pour l’état de pouvoir se faire restituer les dizaines de milliards d’ouguiyas en hibernation dans des comptes suisses, espagnols ou français).
Courage de prendre à bras le corps une bonne fois pour toutes la question éternisée des réfugiés, qui resterait sinon un puissant catalyseur de rancunes en veille. Et on ne pourra sans cesse parler d’unité nationale, d’identité, en maintenant une communauté comme citoyens de seconde zone (il est temps de nommer les choses telles qu’elles sont).
Un autre indicateur, social celui-là sur lequel il faudra plus que se pencher, c’est la police. Elle a pour mission de veiller à la sécurité de nos concitoyens, et à l’ordre dans nos rues. On se rend compte (surtout la nuit!) que les seuls rues arpentées sont celles des quartiers périphériques, où elles peuvent tranquillement soutirer quelques ouguiyas aux couches les plus défavorisées, sans crainte d’être inquiétée. Comme toujours dans ce pays, ce sont les moins riches qu’on suce jusqu’à la moelle: ce sont eux qui payent le plus l’électricité et l’eau, ce sont eux aussi que les policiers rackettent le plus, quand ils ont la chance d’avoir une voiture. Là aussi, un véritable courage politique sera nécessaire pour engager des réformes dans cette institution à priori noble mais galvaudée par des éléments recrutés sans une formation poussée et adéquate, et surtout sans une conscientisation morale de leur mission.
Mamoudou Lamine Kane

 


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