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Mauritania ou Mauritius???   
25/07/2006

Quel personnage mauritanien, sportif, artiste, écrivain, penseur, politicien, intellectuel, engagé socialement, technicien cadre, participe au rayonnement de notre pays? A l’instar de 99% des pays du monde, qui ont un personnage mondialement connu, ou au moins reconnu dans son domaine d’action. Vous aurez beau fouillé, vous ne trouverez pas. A part quelques ersatz politiques, ou des intellectuels de seconde catégorie tout juste bons à réciter les mêmes démagogies. C’est d’autant plus inquiétant que le monde est entré de plain pied dans l’ère de la communication. Qu’avons-nous actuellement, à ces niveaux sus cités à communiquer et faire valoir au reste du monde ?
Prenons la musique par exemple, qui est un des arts les plus "consommés" et qui rendent un pays tout de suite plus visible sur la carte du monde. Qui avons-nous de connu dans la sous région? Personne. Nous n’avons pas un Youssou N’Dour ou un Ali Farka Touré dans nos rangs. Ceux-là donnent une belle image de leurs pays.



Quant à la culture littéraire ou théâtrale, le constat est encore plus désolant. Le livre est en Mauritanie, ce que l’ours est aux Pyrénées actuellement: un genre indésirable. Très peu de productions, et quand elles sont bonnes, ne reçoivent pas le support nécessaire de la part des médias. De "l’intelligentsia" locale, ou des autorités publiques ? Le ministère chargé de ces domaines a failli depuis bien longtemps. Ont-ils tenté d’élever une stèle pour la culture mauritanienne ? Pouvons-nous nous targuer d’avoir un Kateb Yacine, un Sembène Ousmane, un Tahar Benjelloun, un Ken Saro-Wiva ou un Youssef Chahine? Là encore, toujours nada…
Continuons avec le sport !! Dans les discussions autour du "ataya", on se demande toujours, quand est-ce que ce pays aura une politique sportive digne de ce nom permettant à un jeu collectif populaire, comme le football, de participer à des phases finales, au moins continentales! L’Angola, qui a traversé plus d’une décennie de guerre civile, a présenté cette année une bonne équipe en coupe du monde, loin d’avoir été ridicule. Les talents sont là, mais les politiques en sont indifférentes. Or, de nos jours, on ne peut ignorer les qualités mobilisatrices (même l’espace d’un moment!) du football.
On pourrait continuer ainsi sans fin à propos de la peinture (de bons peintres mais qui ne sont pas soutenus), de la philosophie, de la mode etc. Tout cela nous ramène à un cruel manque de références pour la jeunesse (10 à 25 ans) qui compose 60% de ce pays. On se demande sur quelles bases et à partir de quels référents socioculturels et historiques pourraient-ils bien se projeter dans l’avenir?? Sur la base de quelles motivations?
Hélas, en plus de l’éducation nationale en faillite, on aurait peut-être là une esquisse d’explication au taux de réussite cauchemardesque du bac. Encore une fois, cette année 2006 ne fera exception dans les annales.


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