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Le consensus, et en sus?   
28/06/2006

Le débat sur la Constitution n’a pas eu lieu, comme la guerre de l’autre-là… 90% des votants ne savaient pas grand-chose d’ailleurs de la teneur profonde de ce pour quoi ils ont voté, en dehors de la sempiternelle limitation des mandats présidentiels, et de la limite d’âge imposé au chef de l’exécutif. Pour le reste, aucune campagne de sensibilisation n’a réellement eu lieu. Des livres sur la constitution qui ont été distribués, tous étaient en français et en arabe. Quid des autres langues? Ou des explications orales à fournir, à des communautés analphabètes à 50%?



Que dalle! Ou alors, si, mais seulement sur ce pan du "oui!" à mobiliser à tout prix pour l’émergence d’une démocratie durable. 97% pour ce "oui" béni, ce dimanche 25 juin, 97 % mes amis! Et, nous dit-on, avec cela, la démocratie sera enfin pérenne dans notre pays… les voix (qui n’étaient pas si rares que cela) qui ont prôné une neutralité, ou un "non" contre cette nouvelle constitution, ont été perçues comme des extrémistes, voire des traîtres à la cause démocratique mauritanienne. Aucun esprit du dialogue de la contradiction, qui reste le socle d’une vie démocratique, sous tous les cieux, n’a pu être dégagé dans cette période de publicités référendaires.

Du vendeur d’eau, au boulanger, en passant par le commerçant, peu ont pu me dire, au détour d’un échange, la substance de cette "nouvelle ancienne Constitution bis". À part, qu’il fallait voter "oui" pour "éviter le retour de la dictature" me martèle avec véhémence le boutiquier d’un pâté de maisons. Tout cela dénote un consensus parti pour durer; un consensus pour éviter des pseudo déchirements politiques, sociaux, communautaires. Mais avec l’exemple malien, 5ans après l’accession on se rend compte que le consensus ne produit que des partis d’opposition "bénis oui oui" inaptes à produire un dialogue contradictoire face à un pouvoir exécutif trop fort (cela aussi est perpétué dans cette Constitution).

Et c’est le rôle de ces partis, de dire à leur base électorale (pour quelques-uns d’entre eux qui ont ), ce qu’il y a dans la Constitution, comme nouveautés dans la totalité, et ce qui est gardé de l’ancienne version qu’on aurait pu jeter aux orties pour une meilleure démocratie encore, comme l’équilibrage entre les pouvoirs exécutifs, judiciaires et législatif, garant d’une démocratie contrôlée. Mais ne soyons pas pessimistes: 97% mes amis! Les gens votent, c’est déjà ça.


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