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A quoi servent nos assurances?   
13/06/2006

Tout le monde l’aura remarqué. C’est dit et rabâché à Nouakchott : nos chauffeurs sont des chauffards ! Pour pallier cette insécurité routière, les autorités ont mis en place un système d’assurances. Comme partout dans le monde, rétorquerez-vous. Un tel système est payable annuellement pour des prix oscillant entre 15 000 et 30 000 ouguiyas, selon le modèle de voiture.



Il est sensé permettre un remboursement immédiat (dégâts matériels et corporels) en cas d’accident, si un constat policier rend effectif votre statut de victime dans l’accrochage. En cas d’accident avec un piéton gravement blessé, nos automobilistes ne prennent même plus le temps humain de s’émouvoir : "L’assurance paiera !" lance avec désinvolture un chauffard à un piéton qu’il tamponne à 30km/h. Cela s’est passé, il y a quelques jours devant un parterre de badauds, au carrefour de la télévision. Puis, il remonte dans sa BMW dernier modèle, aux vitres teintées, devant un policier qui a juste constaté les dégâts et signé la décharge. Le piéton se relèvera avec grande peine. Plus de peur que de mal pour cette fois.
Les assurances quand elles paient, décaissent très tardivement (des délais compris entre un et deux mois !) En cas d’accident, si vous êtes victimes, vous avez le choix de pleurer et de vous diriger vers le garagiste et payer de votre poche les dégâts, ou bien d’écouter les excuses dépourvues de sincérité d’un automobiliste qui vous jettera à la figure son numéro d’assuré et le nom de la compagnie, au lieu d’attendre -parfois il est vrai, des heures- un constat.
Alors à quoi servent nos assurances? À remplir les poches des compagnies ? À déresponsabiliser des conducteurs qui pour la plupart conduisent comme des kamikazes en quête d’houris ? En tout cas, les nouakchottois ont développé un système D pour pallier les carences de ce système de couverture de risques, inefficace, qu’est l’assurance automobile. Finalement, il ne couvre rien du tout! La moitié des automobilistes de la ville a sous leur siège des gourdins, efficaces eux, pour régler les contentieux contingents. Ils mesurent 45cm à peu près, pèsent moins de 2kg. Ils sont en vente à 150 ouguiyas au cœur du marché SOCIM. Cet outil donne l’assurance de régler vos problèmes devant un chauffard hargneux dénué de bon sens et de compassion.


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