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Mali : dans le village peul attaqué, les chasseurs traditionnels sont accusés par les rescapés   
24/03/2019

Un groupe de chasseurs traditionnels de la zone de Bankass, près du Burkina Faso, est accusé d’avoir perpétré l’attaque dans le village d’Ogossagou, dans le centre du pays.



Plus de cent personnes ont été tuées, samedi 23 mars, dans l’attaque d’un village peul du centre du Mali, rapportent des sources de sécurité, des autorités locales et une association. Dès l’aube, ce sont des membres présumés de groupes de chasseurs traditionnels dogons qui ont semé la désolation à Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, tuant plus d’une centaine de villageois. Une mission composée d’un détachement de l’armée et des autorités locales est arrivée sur place dans l’après-midi, selon une source de sécurité.

Dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a évoqué samedi soir (à New York) un bilan revu à la hausse. « Au moins 134 civils, y compris des femmes et des enfants, auraient été tués et au moins 55 blessés » à la suite de l’attaque, rapporte-t-il, en affirmant être « choqué et outré » par ce massacre. « Le secrétaire général condamne fermement cet acte odieux et appelle les autorités maliennes à enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice ».

« Ce sont les chasseurs traditionnels qui sont accusés par les rescapés », a souligné le préfet de Bankass, Boubacar Kané à l’Agence France-presse (AFP) qui faisait état de 115 morts, quelques heures plus tôt. Indigné, Cheick Harouna Sankaré, le maire de la localité Ouenkoro, proche du village touché d’Ogossagou-Peul, demande pourquoi l’armée malienne « ne démantèle pas » les camps des groupes de chasseurs.


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Condamné par la communauté internationale
L’ambassadeur français aux Nations unies, François Delattre, a parlé d’une « attaque terrible » que « nous condamnons fermement », lors d’une conférence de presse samedi à Bamako.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) « condamne fermement de telles attaques contre des civils » et « appelle les autorités maliennes pour diligenter une enquête afin que les auteurs de ces atrocités répondent de leurs actes », dans un communiqué publié samedi.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rébellion) a également « condamné avec la dernière énergie ce crime imprescriptible » et appelé « à la cessation immédiate de ces massacres qui s’apparentent à un véritable pogrom orchestré », dans un communiqué distinct.

L’attaque s’est produite dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, où ces violences intercommunautaires sont particulièrement fréquentes. « Village d’Ogossagou-Peul : plusieurs dizaines de morts dont le chef du village et sa famille, le marabout Bara Sékou Issa et toute sa famille », a affirmé dans un communiqué l’association de défense des droits des populations pastorales Kisal, faisant également état d’autres attaques dans des villages avoisinants, sans avancer de bilan.

Selon deux témoins interrogés séparément par l’AFP, « presque toutes les cases du village ont été brûlées par les chasseurs traditionnels ». Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres « groupes d’autodéfense ».

Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.

Le Monde avec AFP


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