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Hommage à Ould Ahmed Louly, ''un parfait inconnu'' dans son propre pays   
17/03/2019

Apprendre le décès de quelqu’un est toujours triste. Quand ce quelqu’un a fait partie des gens qu’on a connus à une certaine période, la tristesse en devient plus accentuée.



Ce monsieur est parti tout aussi discrètement qu’il a vécu et ce qui rend cette perte encore plus douloureuse, c’est que personne ne se souvient de lui en tant qu’homme.

Tout au plus, on se rappelle qu’il fut président de la Mauritanie pendant six mois. En dehors de ce fait, il n’y a rien dans les archives qui lui soit consacré.

Comme on dit dans le jargon de la rue, un "parfait inconnu" dans son propre pays. Et pourtant! Et pourtant, ce fut l’un des grands cadres de notre armée qui a eu à gérer des départements très importants qui ont conditionné l’existence même de celle-ci. Toujours discret, il entrait et sortait de l’état-major sans presque attirer l’attention, répondant à peine aux saluts que lui adressaient les sentinelles ou plantons.

…il avait toujours la tête baissée comme pour ne pas déranger ceux qui rectifiaient leurs positions à son approche

De son bureau, il ne sortait que très rarement et on le voyait très peu circuler dans l’enceinte. De temps en temps peut être aller visiter le service de la gestion ou aller à l’infirmerie de garnison. S’il arrivait qu’on le croisait sur cet axe là, on remarquera qu’il a toujours la tête baissée comme pour ne pas déranger ceux qui rectifiaient leurs positions à son approche.

Homme des grands espaces, il préférait passer ses jours de repos à la "Badiya", au milieu de ses animaux, à respirer le grand air. Musulman pieux, il ne semblait pas s’intéresser à ces choses de la vie qui préoccupaient les cadres de sa génération.

…la république a dû être un véritable cachot pour Louly qui n’a jamais tenu à déranger qui que ce soit

En dépit de son statut d’officier, je ne l’ai jamais entendu crier sur un soldat ou un subordonné, chauffeur ou ordonnance. Je n’ai jamais entendu quiconque se plaindre de lui. Quand Khouna fut affecté à l’état-major, il disait qu’il se sentait en prison, tellement les grands espaces lui faisaient défaut. Cela m’amène à penser que la présidence de la république a dû être un véritable cachot pour Louly, lui qui n’a jamais tenu à déranger qui que ce soit.

Je comprends dès lors, son court séjour à la tête du pays. Ce comportement de discrétion peut expliquer une quasi absence de document relatant sa vie dans les archives. La preuve qui étaye cet état de fait est ce portrait qui semble être le seul qu’il nous a laissé.

Il nous quitte aujourd’hui sans crier gare, comme il a vécu.
A Dieu nous appartenons et à LUI nous retournerons.
Puisse le Tout Puissant l’accueillir en Son Saint Paradis.

Bakry Waiga
Cincinnati (USA)

Initiatives News


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