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Sénégal/Décès de Bruno Diatta:La Casamance pleure son fils, le Sénégal perd un monument du protocole de la présidence   
25/09/2018

Consternation et émoi à la présidence de la République. Le Ministre d’Etat, chef du protocole de la présidence, Mr Bruno Diatta, est décédé, le vendredi 21 septembre 2018 à l’âge de 70 ans. De Senghor à Macky Sall, en passant par Diouf et Wade,  l’histoire retiendra ...



... de cet homme aux qualités exceptionnelles.

Bruno Diatta, l’homme qui a séjourné au Palais présidentiel du Sénégal de 1978 à 2018, témoin de tous les régimes qui se sont succédé au Sénégal, est parti sur la pointe des pieds. Présent lors du dernier conseil hebdomadaire des ministres d’avant sa mort, Bruno avait tout préparé le voyage du président Macky Sall qui devrait se rendre au Mali pour la prestation de serment du Président Malien Ibrahima Boubacar Keita (IBK) réélu président de son pays. Mais l’homme ne savait pas que c’était son dernier conseil des ministres et sa dernière entrevue avec Macky Sall. Pris de malaise, il s’est éteint à l’hôpital quelques heures après. Le président Macky Sall, dans l’avion qui s’apprêtait à quitter le tarmac, a du renoncer son voyage dès l’annonce du décès de celui qui fut l’homme incontournable dans le protocole de la présidence depuis près de 40 ans.


Qui est Bruno Diatta ?
Né le 22 octobre 1948 à Saint-Louis, fils d’un ancien ministre Edouard Diatta d’avant l’indépendance, originaire du village de Cabrousse (Casamance) de l’héroïque femme Aline Sitoe Diatta, Bruno Diatta a partagé son enfance entre Saint-Louis, sa ville natale et son village d’origine.
Bachelier au lycée Van Vo Lonovel (actuel lycée Lamine Guèye de Saint-Louis) avec la mention Bien, Bruno Diatta s’envole vers la France où à Toulouse, il étudie les Sciences Po. Quatre an plus tard, il obtient sa maîtrise et rentre au Sénégal. Sans tarder, il entre à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) où il sort major de sa promotion en 1973. Bardé de diplômes, il séduit Assane Seck,  ministre des affaires étrangères d’alors, qui le nomme conseiller technique dans son cabinet « parce qu’il était tellement brillant et je ne voulais pas qu’il se fasse détruire dans les ambassades » dit-il. Grâce à son sérieux et son sens de l’initiative, le Président Senghor qui a remarqué le jeune Bruno, alors qu’il effectuait une visite au Ministère des affaires étrangères. Il n’hésita pas de l’intégrer au service du protocole de la présidence que dirigeait Cheikh Lèye. A la faveur de la nomination de ce dernier comme ambassadeur en Allemagne, Brunon hérite du poste en 1979 avec les pleins pouvoirs de gérer ce service du protocole.
Chevronné diplomate, discret et très réactif sur tous les sujets et les problèmes qui se posent au palais présidentiel, le désormais ministre d’Etat chef du protocole de la présidence, dirige depuis lors et avec dextérité, ce gigantesque service.


Un monument s’en est allé…
 «En Afrique noire, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » dit l’écrivain Amadou Ampathé Ba. Eh oui, n’est-ce pas une réalité indéniable ? La mort de Bruno Diatta témoigne aujourd’hui le bagage qu’il emporte avec lui rendant orphelin un service et un Palais qui a l’habitude de voir sa silhouette arpenter les allées et les services de la présidence.
Bruno est  un homme de référence, discret et dévoué qui a marqué la vie politique de la nation sénégalaise. Il a servi avec loyauté et déférence tous les présidents sénégalais qui se succédé au Palais. Eh oui, le baobab est tombé sans tambour ni trompette. Un vacarme qui a rendu tout le monde sourd mais qu’en réalité, ce vent fort n’a fait que créer de l’émotion, la consternation et la résignation. Le destin est passé par là. Nous sommes des mortels. Mais comme disait le poète Birago Diop, « les morts ne sont pas morts ». Bruno est parti, mais son nom et son savoir faire resteront à jamais gravés dans la mémoire collective des Sénégalais. 
Le président Macky Sall, ému et touché par la disparition de l’un des meilleurs et plus grands serviteurs de l’Etat, a annoncé un hommage mérité à la dimension de l’homme lors de ses funérailles prévues le jeudi 28 septembre. Une cérémonie funèbre qui s’annonce difficile car, à coup sûr, des larmes vont couler devant la dépouille de celui qui fut, pendant plus de trois décennies, l’inamovible chef du protocole de la Présidence connu de tous les ministres de la République. Que la terre lui soit légère et que son âme repose en paix.
I.Badiane


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