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En Mauritanie, la Commission électorale change de président   
23/07/2018

En Mauritanie, il y a du changement à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Mohamed Vall Ould Bellal, ancien ministre des Affaires étrangères, a été nommé jeudi président du comité directeur.



Il remplace Didi Ould Bounama, qui a démissionné pour des raisons de santé. Agé de 70 ans, Mohamed Vall Ould Bellal est un homme politique très respecté en Mauritanie, mais sa nomination ne contente pourtant pas tout le monde.
Mohamed Vall Ould Bellal est un monument de la politique mauritanienne. Ministre, ambassadeur, député, ce politicien aguerri a milité avec ferveur lors des élections législatives et municipales de 2013 pour un consensus politique.

Pour Boidiel Ould Houmeid, président du parti de l’opposition modérée, Entente démocratique et sociale (El Wiam), il est l’homme de la situation : « C’est un vieux politicien. Il fut ministre des Affaires étrangères. C’est un intellectuel politique. Il a appartenu à la direction du parti de l’époque qui dirigeait le pays. Il fut directeur de la synthèse au ministère de l’Intérieur, il y a près de 40 ans. Et il était récemment dans l’opposition. Je pense que cela peut rassurer tout le monde. »

Mohamed Vall Ould Bellal a notamment fait partie du FNDU, le Forum national pour la démocratie et l’unité. Ce mouvement d’opposition conteste depuis le début la composition de la Céni dont il a été écarté.

La nomination unilatérale du nouveau président ne change rien, elle est même vécue comme une provocation pour Lo Gourmo, membre du FNDU : « De la provocation parce que d’abord, pour le moment, nous n’avons pas été consultés. Le pouvoir a fait une fuite en avant en changeant la tête de cette Céni, tout aussi unilatéralement en réitérant en quelque sorte l’illégalité de départ. Maintenant qu’il choisisse Monsieur Bellal ou qu’il choisisse un autre ne change rien sur le fond. Et Monsieur Bellal, qui a beaucoup de qualités, sera noyé purement et simplement dans une Céni dont les autres membres sont ceux que le pouvoir a choisis. »

Le Mouvement pour le changement démocratique appartient lui aussi à l’Alliance de l’opposition. Son leader Moussa Fall promet une vigilance accrue pour dénoncer toutes les failles de la Céni : « Le rôle que nous envisageons de jouer est de dénoncer toutes les irrégularités et toutes les violations par rapport à la loi que nous constatons. »

Mi-avril, le FNDU a déposé une requête auprès de la Cour suprême pour demander la dissolution de la Céni. La Cour n’a pas donné de suite pour le moment.

RFI


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