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10/04/2006

Il est rare que nos rapports avec nos dirigeants, soient empreints de convivialité et de chaleur humaine. C’est notre faute à nous et la leur, ensuite. Nous entourions nos présidents d’une mythologie, d’un cérémonial et d’une tour d’ivoire, dans lesquels, ils finissent prisonniers. Et nous sommes, nous, captifs d’une vision selon laquelle nos présidents ne font pas partie du commun des mortels : "Père de la Nation", "guide éclairé", "sauveur du pays", en sont des illustrations.



Le dîner-débat organisé à la présidence de la République, la soirée du 7 avril et auquel le Colonel Ely Ould Mohamed Vall Chef de l’Etat, Président du Conseil Militaire pour la Justice et la Démocratie a convié les responsables des principaux titres de la presse indépendante est venu comme pour corriger cette perception réciproque, réductrice et dangereuse.
A la table du Président nous avons devisé plus de trois heures d’horloge, lesquelles nous ont parues être trois minutes. Tellement l’échange était passionnant et instructif. Et l’essentiel a été dit ce soir-là, par le Président et par les confrères. Et au delà des problèmes de la profession et des services à rendre plus à la Mauritanie, qu’aux dirigeants, je me pus m’empêcher de penser: "Tiens, un président c’est comme moi, il mange, il parle, il écoute et il rit". D’ailleurs, l’un des confères a résumé le sentiment général en des termes assez simples, mais expressifs : "Je ne peux oublier que pour la première fois de ma vie, j’ai parlé librement, en dînant à la table d’un président " dira-t-il. Oui, nous avons été marqués par cette rencontre et nous nous sommes fait une excellente idée de l’Homme d’abord, et du Président ensuite.
Je commence maintenant à mieux comprendre pourquoi il y a eu tant d’amnisties depuis le 3 août 2005. Et pourquoi contrairement aux vœux des aigris dont des journalistes, on ne veut pas ouvrir les dossiers du passé. L’approche humaine est en train de prendre le dessus sur les crispations, les passions et la gestion des tensions, desquelles vivent les troubadours et les aigris. Et ce ne pas seulement sur le champ politique que l’approche humaine se sent.
Il y a quelques jours, j’ai assisté à l’exécution de quelques volets du programme national de solidarité, par lequel, le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA) porte assistance aux personnes âgées, entretient des centres de nutrition communautaires dans les écoles et pour les enfants de la rue, assiste les filles en difficulté et les handicapés. J’ai été parmi ces vieillards aujourd’hui au banc d’une société à laquelle ils ont tous donné et j’ai été aussi, parmi des sourds et des muets dont la souffrance et la détresse quoique masquées sous une certaine jovialité, n’échappent guère au regard scrutateur.
J’ai eu à constater combien ces vieillards et ces handicapés ont apprécié que l’on s’occupe d’eux, qu’on leur vienne en aide. Surtout si -à mon sens- de telles aides sont données par des responsables d’un Etat qui ne sont pas candidats aux prochaines élections. La générosité et la compassion à la veille des élections sont une vieille rengaine qui prive les donateurs du moment d’aspirer même à la reconnaissance. Mais l’assistance et la compassion par obligation morale renvoient à autre chose : au sens du Devoir. Et c’est ce que penseront les populations du Hodh Charghi, premières bénéficiaires du programme d’intervention d’urgence du CSA qui bénéficiera dans les prochains jours à 20 000 familles nécessiteuses au niveau de 30 communes de la Wilaya du Hodh Charghi. A travers ces séries d’ actions, les plus hautes autorités du pays descendent de leur piédestal pour être à l’écoute et surtout, pour agir.
IOM


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