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AMDH/Etat de droit : Formation sur la documentation des cas de torture au profit des défenseurs des droits humains   
05/03/2018

L’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) a organisé, du 27 février au 1er mars 2018 à Nouakchott, une session de formation sur la documentation des cas de torture et tout traitement inhumain et dégradant. La formation vise à outiller les différents ...



... acteurs sur les mécanismes d’interdiction et de prévention de la torture ainsi que la méthodologie de documentation des cas de torture. Plus d’une trentaines de participants pour l’essentiel des acteurs de la société civile, des blogueurs, des activistes, des avocats ou encore de simples militants de droits  humains ont pris part à cette formation.
Dans le cadre du projet « Etat de droit » financé par l’Union Européenne et exécuté par l’AMDH, une session de formation des acteurs des droits humains a été organisée du 27 février au 1er mars en cours afin d’outiller ces derniers sur le cadre normatif international, régional et national de l’interdiction et de la prévention des cas de torture. Selon Mr Pierre Burnisso, l’un des formateurs, «l’objectif de cette formation c’est de faire en sorte que les activistes des droits de l’homme, au-delà de la compréhension de la torture, puissent documenter des cas pratiques qui se déroulent à l’intérieur des prisons et autres lieux de détention». Mr Pierre a souligné que « l’objectif a été atteint » dans la mesure où les participants ont fini par comprendre ce que c’est la torture et se sont outillés des cadres normatifs sur l’interdiction et la prévention de la torture.
Pour sa part, Me El Ide Mbareck, avocat au barreau de Nouakchott, a indiqué que « cette formation vient à son heure » en ce sens qu’elle «répond à un besoin réel des défenseurs des droits de l’homme et autres acteurs de la société civile mauritanienne ». Selon lui, «l’ensemble des acteurs doivent comprendre la torture, la loi 2015-033, les mécanismes de prévention et ceux l’interdisant ». Et cela est valable pour les forces de sécurité, notamment la police, la gendarmerie, la garde entre autres. Il s’y ajoute que «les participants ont appris au cours de cette formation, la méthodologie de documentation de façon professionnelle des cas de torture. Et cela pourra aider les victimes et préserver leurs droits". En outre, il a souligné que «la législation mauritanienne a connu une évolution extrêmement positive et il faudra maintenant penser à l’application effective des lois pour mettre fin à l’impunité. Notre prochain combat, c’est de former et d’organiser les acteurs pour une forte plaidoirie afin que toutes les lois et les conventions signées et ratifiées par la Mauritanie connaissent une application » a-t-il dit avant de souligner que «cette formation est l’une des meilleures auxquelles  j’ai assistées ».
De son côté, Mr Ousmane Chérif Touré, Coordinateur du projet « Etat de droit » à l’AMDH, accompagnement et assistance juridique aux détenus dans les prisons, les familles démunies, les quartiers périphériques …, a indiqué que «notre objectif c’est de sensibiliser les acteurs et les victimes ». Parlant des problèmes d’accès aux lieux de détentions, Mr Touré a indiqué que «Notre préoccupation majeure, c’est l’accès dans les prisons et autres lieux de détention. Malgré nos demandes au niveau des services compétents du ministère de la justice et de l’intérieur, ces dernières sont restées sans suite». Par rapport à la formation, il souligne : « d’abord, après nos différentes descentes sur le terrain, nous avons constaté qu’il y avait un besoin important des acteurs d’être outillés sur les mécanismes de prévention et de documentation des cas de torture ». Et cette formation est plus que nécessaire pour satisfaire cette demande. « C’était une formation intense de trois jours qui a permis aux participants de comprendre la définition de la torture et de connaitre le cadre normatif international, régional et national de l’interdiction et de la prévention de la torture » a-t-il dit. Mr Touré, apprécie à sa juste valeur cette formation qui a permis aux participants de mieux comprendre les différentes formes de la torture, la loi 2015-033 sur la torture et autres traitements inhumains et dégradants mais aussi nous avons pris des dispositions pour un suivi de la formation et au besoin, d’autres formations suivront pour mieux renforcer leurs capacités ». Par rapport à l’Etat de droit en Mauritanie, Mr Touré a soutenu : «nous constatons une dégradation de l’Etat de droit en Mauritanie en ce sens qu’aujourd’hui, il y a la restriction des libertés, des droits des acteurs, et nous souhaitons que l’Etat permette aux défenseurs des droits humains d’exercer librement leurs activités partout où le besoin se fait sentir" et ce, conformément à la loi.
Pour Mohamed, participant, « cette formation m’a permis de bien comprendre le concept de la torture, la loi et les différentes mécanismes de prévention et d’interdiction de la torture. J’espère qu’une fois sur le terrain, j’appliquerai tout ce que j’ai appris sur la méthodologie de documentation des cas de torture».
Il faut souligner qu’au cours de cette formation de trois jours, des travaux de groupes ont été organisés afin de permettre aux participants d’échanger leurs expériences et d’exposer des cas pratiques de torture. Après la restitution de ces travaux, il a été inculqué aux participants comment faire une bonne documentation en posant de bonnes questions pour faire une bonne présentation de cas de torture.
I.Badiane


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