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En Mauritanie, le tourisme retrouve la piste   
21/12/2017

Alors que le pays est sorti de la zone rouge du Quai d’Orsay, à partir du 24 décembre, des marcheurs français sillonneront à nouveau le désert de l’Adrar. Depuis une décennie, en raison du risque terroriste dans la bande sahélo-saharienne, le tourisme s’était évaporé en Mauritanie.



La traversée du désert est terminée. Ou plutôt, elle recommence. Le 24 décembre prochain, date symbole s’il en est, des milliers d’étoiles scintilleront sans doute dans les yeux des 150 Français embarqués dans un vol (complet) à destination d’Atar, pour un trek dans le désert mauritanien. Un retour presque inespéré après une décennie d’absence. ?

En raison de la menace terroriste dans la région, le monde hexagonal du tourisme, et notamment les organisateurs de treks, avait déserté les merveilleuses dunes, ergs, canyons et palmeraies de l’Adrar en Mauritanie. La mort de quatre Français d’une même famille en 2007, tués par une katiba (liée à Al-Qaida au Maghreb islamique), rendait définitivement le secteur inapproprié aux voyageurs comme, les années suivantes, une majeure partie de la bande sahélo-saharienne. Le désert était classé zone rouge par le Quai d’Orsay. Jusqu’en janvier dernier. La Mauritanie, république islamique dirigée par Mohammed Ould Abdelaziz, redevient alors accessible, grâce au général Foucaud (lire par ailleurs) « qui a fait basculer le retour » , estime Kevin Girard, patron actuel de Point-Voyages. Celui qui a succédé à Maurice Freund et qui pérennise l’esprit solidaire et responsable de cette coopérative (lire par ailleurs), s’active depuis 2012 pour cette reprise des vols à destination du Sahara. Nouakchott a donné des gages sérieux sur le volet sécuritaire.
Le tourisme, rempart contre l’extrémisme

Le désert mauritanien, autant que l’accueil de ses hôtes, fascine encore malgré son absence des brochures touristiques ces dernières années. « Nos voyageurs ont toujours gardé beaucoup d’affection pour cette destination, une addiction presque hypnotique pour le désert, on va peut-être réussir notre aventure, on est dans les temps de passage intéressant » , trace, optimiste, Kevin Girard. La ligne de mire est fixée : un millier de voyageurs pour une quinzaine de vols entre fin décembre et avril 2018. Signe de son soutien, l’Etat mauritanien prend à sa charge la moitié de l’affrètement des voyageurs. Dans les années 2000, le trek en Mauritanie était l’un des best-of des tour-opérateurs spécialisés dans l’aventure. Le marché existe encore. L’attente est forte, puisque le reste du Sahara et du Sahel reste une zone hostile, gangrenée parfois par les trafics et les groupes djihadistes.

Pour la Mauritanie, Point-Voyages avait une longueur d’avance sur d’autres professionnels du tourisme, grâce à « des liens fraternels, profonds qui ne se sont jamais estompés, avec la volonté d’aider nos frères dans la difficulté ». D’autres grands tour-opérateurs, comme Terres d’Aventure, ont emboîté le pas, et tous repartent ensemble à partir du 24 décembre, en espérant qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer cette dynamique. ?

L’esprit de Maurice Freund irrigue ce retour en Mauritanie qui fait, selon Kevin Girard, figure de « cas d’école ». « L’outil touristique est aussi un outil de développement économique et on lutte contre l’exode rural, très fort dans cette région. Quand les gens ont le ventre plein, ils ne pensent pas à faire autre chose… » Sous-entendu, à basculer vers l’extrémisme. Il poursuit : « Dans cette région chahutée, si les Maliens connaissaient le même sort, ils ne s’engageraient sans doute pas en faveur de barbus extrémistes, idem pour les Algériens et les Libyens ». Le tourisme, vecteur de paix et de stabilité ? Ce n’est sans doute pas un mirage.


lalsace.fr


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