Coup de gueule: Débats et des hauts   
27/02/2007

Beaucoup des candidats au fauteuil suprême ont plus ou moins détaillé les lignes essentielles de leurs programmes, qui n’ont par ailleurs pas de différences flagrantes. Dans ce sens, beaucoup de promesses démagogiques ont plu sur la tête d’une population en attente. Et à l’aune du budget de l’Etat actuellement, et des perspectives, beaucoup d’entre elles ne sont sûrement pas réalisables. À ceux qui parlent d’une «éducation et d’une santé gratuites pour tous», on se demande comment ils le financeront, sachant que les recettes fiscales du pays sont dans un état médiocre (même si des progrès notoires ont été faits ces dernières années dans leur recouvrement).



À ceux qui parlent «de logements sociaux pour les plus pauvres», on peut leur rappeler que des centaines de ces logements sont en attente à la Socogim plage, et que l’immense majorité d’entre eux ont été achetés par les plus aisés en premier lieu! Et même le dernier appel de la Socogim pour l’appropriation d’un certain nombre d’entre eux, était sous la condition d’un pré paiement de 1 500 000 ouguiyas, dans un délai d’une semaine (j’imagine que tous les mauritaniens peuvent réunir autant d’argent en moins d’une semaine!). Dès lors que le système d’aide aux plus démunis est corrompu au profit des plus aisés, que peut-on espérer d’une telle promesse?
À ceux qui annoncent en grandes pompes «la baisse des prix des matières premières» (qui ne pourrait se faire que par une subvention ruineuse de l’état), il faut leur demander si l’explosion de la cherté de la vie n’est pas plutôt le fruit d’un oligopole d’hommes d’affaires qui font entente explicite sur les différents prix.
Tous ces points de programmes qui prévoient de s’attaquer aux différents problèmes mauritaniens, notamment économiques et sociaux, marquent surtout le courage politique dont devra faire preuve le futur président pour injecter une réelle concurrence, qui seule pourra faire baisser le prix des matières premières dans le pays par exemple. Idem pour le logement et l’éducation: il s’agit plus pour le logement d’un détournement d’objectif que d’un manque de moyens, et pour l’éducation, d’une équipe d’enseignants, globalement plus compétents. Bref, il s’agit de courage.
Et il ne sera pas facile de dire «m…e!» à des hommes d’affaires qui ont noyauté la vie économique du pays, qui empêchent indirectement une redistribution plus juste socialement de logements et des richesses du pays. Ainsi, dans l’intérêt du pays, et pour une meilleure visibilité des citoyens sur les candidats qu’ils ont en face d’eux, il serait bien qu’il y ait de véritables échanges et débats entre eux; ils auront alors l’occasion d’être questionnés sur le comment de la mise en place de tant de promesses. Et d’y répondre.
Mamoudou Lamine Kane


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