Réseau mondial de journalistes constitué en 2003, le «Global Investigative Journalism Network» (GIJN) qui regroupe des journalistes d’Europe , d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du sud, a organisé sa 10e conférence entre les 16 et 19 novembre 2017 à l’Université de Witwatersrand de Johannesburg (Afrique du sud).
Présidée par son directeur exécutif le journaliste américain David Kaplan, la conférence a vu la participation de 1200 journalistes venus de 130 pays qui se sont repartis sur 150 panels dédiés à des dizaines de thématiques traitant, entre autres, des opportunités et défis posés au journalisme d’investigation dans un contexte marqué par l’autoritarisme, les fausses informations (Fake news) et la montée de la criminalité économique.
Mr Kaplan a indiqué qu’il s’agit de la première conférence organisée en Afrique, et qu’elle a été conçue pour encourager les participants, collaborer, apprendre de nouvelles choses en mettant l’accent sur la formation et le partage. La conférence a examiné le passé, le présent et le futur du journalisme d’investigation ainsi que les moyens de le promouvoir pour éclairer l’opinion sur les mauvaises pratiques ainsi que pour le renforcement des capacités des journalistes par la formation, le réseautage, la protection et l’assistance juridique.
L’événement a été l’occasion à d’importantes révélations. L’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) a présenté des données sur les fameux «Paradise Papers» et partagé des astuces pour mieux exploiter l’information
AFRICAN MUCKRAKING, une première collection du journalisme d’investigation, écrite par les Africains sur l’Afrique, a été présentée pendant la conférence avec 41 enquêtes, sur les abus de pouvoir, les violences policières, et les droits humains.
La conférence a été marquée par des sessions intéressantes sur les fausses nouvelles, la surveillance en ligne, les innovations dans la narration, le journalisme de données et les nouveaux outils et techniques de recherches, notamment, le «web scraping», un processus de collecte d’informations ciblées et stratégiques à partir de sites Web avec l’utilisation de l’outil en ligne import.io , mais, dans le respect des règles éthiques et juridiques et avec une utilisation pour de bonnes intentions.
De quoi inquiéter les magnats de l’industrie des affaires et les fonctionnaires qui utilisent les paradis fiscaux pour saper les systèmes financiers de leur pays. Plusieurs scandales de corruption ayant éclaboussé des présidents africains ont également été soulevés .
La rencontre a été aussi l’occasion (et c’est très important!) de débattre de l’indépendance éditoriale par rapport aux donateurs de financements avec la recommandation visant à mettre des barrières entre les donateurs et les salles de rédaction, afin de préserver l’indépendance des journalistes.
A la fin de la conférence, il y a eu le Global Shining Light Awards, lorsque les gagnants du 7e Global Shining Light Awards, tirés d’un nombre record de 211 projets réalisés par des journalistes dans 67 pays, ont été annoncés lors du gala de clôture de cette 10e conférence qui fut une bonne occasion pour les journalistes, d’apprendre, de se rencontrer, de mieux se connaitre, d’échanger sur les expériences et d’établir des partenariats sur des projets communs.
IOMS
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